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Colloque sur le français sur objectifs universitaires à Perpignan

Posté le par le français dans le monde

L’Université de Perpignan organise les 10, 11 et 12 juin 2010 dans ses locaux un colloque Héraclès qui se propose de faire le point sur un concept émergent en formation des étudiants et stagiaires non francophones, celui du Français sur objectifs universitaires (FOU) et l’impact de ses mises en œuvre d’un point de vue institutionnel, didactique et pédagogique.

Rencontre avec Jacky Caillier, organisateur et promoteur de cette manifestation qui sera également l’occasion de réunions dans le cadre de l’ADCUEFE et du Forum Héraclès. Maître de conférences en sciences du langage et sciences de l’éducation, Jacky Caillier dirige le Centre universitaire d’études françaises de l’Université de Perpignan (CUEFP). Il est également secrétaire général de l’ADCUEFE (Association des directeurs de centre universitaire d’études françaises) et conseiller auprès du Forum Héraclès (Hautes études et recherches pour les apprentissages dans les centres de langues de l’enseignement Supérieur).

D’où vient l’idée de ce premier colloque mondial consacré au Français sur Objectifs Universitaires qui se tiendra en juin 2010 à l’Université Via Domitia de Perpignan ?
Ce colloque, nous l’avons en fait pensé lors du dernier séminaire du Forum Héraclès à Rio fin avril 2009. La problématique du FOU comme outil de la mobilité des étudiants non francophones nous semble fondamentale. En effet, intégrer une université étrangère pose des difficultés aux étudiants qui ne sont pas seulement linguistiques, mais aussi culturelles. Il s’agit pour eux d’appréhender des concepts disciplinaires dans une langue qui n’est pas la leur et dans un milieu (l’université française) dont ils ne maîtrisent ni les codes culturels, ni les formes de conceptualisation spécifiques. Pour donner un exemple, un étudiant chinois qui veut étudier l’économie dans une université française doit avoir un niveau de langue suffisant (au moins le niveau B2 du CECR), doit comprendre les formes spécifiquse de l’enseignement de l’économie à la française et doit apprendre à évoluer dans une microsociété complexe qu’est l’université qu’il a choisie. C’est justement parce que le FOU envisage l’enseignement en synergie des aspects langagiers, culturels et méthodologiques qu’il nous semble constituer un outil très pertinent pour la mobilité étudiante.

Comment situez-vous la place du Français sur objectifs universitaires par rapport à la didactique du FLE ?
Nous observons de plus en plus de références au FOU dans les articles des revues spécialisées en FLE. Depuis deux ans, par exemple, Le français dans le monde a publié plusieurs articles d’auteurs tels que Chantal Parpette et Jean-Marc Mangiante dont les travaux universitaires dans le domaine du Français sur objectifs universitaires sont les plus aboutis. C’est d’ailleurs eux qui auront la responsabilité de faire la conférence d’ouverture du colloque FOU à Perpignan. Par ailleurs, la publication de plusieurs ouvrages sur le FOU – dont les actes de notre colloque – sont prévus dans les mois à venir.

Comment avez-vous construit ce colloque ?
Ce colloque qui implique l’Université de Perpignan et le forum HERACLES (Hautes études et recherches pour les apprentissages dans les centres de langues de l’enseignement supérieur) est soutenu par de nombreux partenaires : l’AUF, la FIPF et la MSH, qui eux-mêmes s’intéressent aux problématiques du FOU.

Une approche scientifique développe le concept de Français sur objectifs universitaires, ses spécificités et son articulation avec le Français langue étrangère, le Français sur objectif spécifique, le Français de spécialité, le Français professionnel, mais aussi le Français langue de scolarisation. Une approche institutionnelle s’interroge sur l’offre de formation en Français sur objectifs universitaires et vis-à-vis de son rôle dans la promotion de l’offre de formations supérieures, la sélection, la préparation et l’accompagnement des étrangers non-francophones et francophones. Enfin, des conférences en ateliers pédagogiques présentent plus particulièrement des mises en œuvre de formations en FOU et une critique de la pertinence des choix à travers une analyse de pratiques d’enseignement et de formation.

Une dernière question : pourquoi situer le colloque FOU du forum Héraclès à Perpignan ?
On pourrait y voir plusieurs raisons, mais je n’en évoquerai qu’une qui est symbolique : le forum Héraclès ayant pour vocation première de faciliter la circulation et la diffusion mondiale de travaux dans ses domaines spécifiques, il semble finalement logique que le premier colloque sur le FOU soit organisé dans la ville dont Dali disait que la gare est… le centre du monde.

Propos recueillis par Benjamin Benoit

En savoir plus :
Forum Héraclès : http://www.forumheracles.org/
Programme colloque FOU : http://cuef.univ-perp.fr/cuefp-colloque-fou-programme-27-24-0.html

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