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Deuxièmes assises du français très pragmatiques en Asie du Nord-Est

Posté le par le français dans le monde

Ils sont venus à Taipeh (Taiwan) de Chine continentale, de Corée du Sud, de Mongolie, du Japon, de Hong Kong mais aussi en observateurs du Viet-Nam, d’Australie, de l’Inde ou de l’Indonésie.

Valoriser les succès et ne pas avoir peur des difficultés, c’est autour de ces versants d’une même réalité – l’évolution de la place du français dans les systèmes éducatifs dans les pays de l’Asie du Nord-Est – que se sont retrouvés à échanger, analyser, proposer les 150 participants de ces deuxièmes assises du français en Asie du Nord-Est (2-3 avril 2010). Elles ont été organisées à l’initiative de la sous-direction de la Diversité linguistique et du français du Ministère français des Affaires étrangères et européennes.

Passée l’évocation toujours un peu enivrante de l’imaginaire (au choix, esthétique, ludique, normatif, artistique, transgressif, désirant) véhiculé par le français, ce que fit avec beaucoup d’humour l’écrivain chinois francophone Dai Sijie, les participants et notamment les représentants des associations se sont attachés à faire parler la poudre des chiffres. Ici il y a « Jean qui rit » : Taiwan avec ses nombreuses initiatives et ses programmes d’échanges où « le français se porte bien », la Chine où les départements de français (86) se multiplient comme les petits pains de la Bible, la Mongolie où l’implantation d’entreprises et le tourisme font le succès du français, même si celui-ci n’occupe que la sixième position. Et il y a « Jean qui pleure » : là c’est surtout le statut de l’apprentissage des langues dans les systèmes éducatifs qui fait la différence ; optionnel, le français décroche notamment en Corée où il perd presque la moitié de ses effectifs dans le secondaire ; ailleurs c’est sa valeur d’usage (Hong Kong, Japon, Singapour) qui explique ici la modestie des effectifs, là leur baisse.

Après le constat : les remèdes ou les raisons d’espérer. Oui, le français a une utilité à condition qu’on arme les étudiants des bonnes compétences : qu’on soit à l’écoute de la demande des professionnels (Mongolie), qu’on multiplie les filières professionnalisantes (Taiwan, Corée), qu’on sorte de la littérature pour aller vers les sciences humaines et sociales. Oui, en mettant tous les atouts de son côté en empruntant les voies d’une démarche qualité (Chine, Corée). Oui, en mettant aussi le français à l’heure du média global et en s’adaptant aux nouveaux usages et modes de consommation comme l’y invite TV5Monde.

Des propositions : la mutualisation des ressources (Hong Kong, Taiwan, Mongolie, Japon, Corée) ; le renouvellement de l’offre d’apprentissage combinant présenciel et enseignement à distance grâce à la mise en place de plateformes d’autoapprentissage (Japon, Singapour, Hong Kong, Corée, Taiwan) ; une politique de niches soit dans l’enseignement primaire avec l’introduction d’un enseignement précoce du français (Taiwan, Singapour, Mongolie, Japon), soit dans le secondaire (Japon, Taiwan) avec la mise en place de programmes d’échanges ; enfin, porté par le Japon, le projet de recréation d’une université d’été ouverte sur les sciences humaines et sociales sur le modèle de ce qui s’était fait au niveau régional à Singapour dans les années 1990.

Le Ministre taiwanais de l’Éducation avait fixé « un objectif pragmatique » à ces Assises. Mission accomplie. Voilà qui augure bien du Congrès que prépare la Commission Asie-Pacifique de la FIPF. Rendez-vous à Sydney en décembre 2010.

Jacques PÉCHEUR

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